avr 28

Le goût de la vieEn ce printemps 2008, c’est avec un grand plaisir que j’ai l’occasion de renouer contact avec Warner Bros. Home Video pour vous présenter une nouveauté DVD bien rafraîchissante,voir appétissante qui s’intitule « Le goût de la vie ». À ne pas confondre avec l’excellent film d’Agnes Jaoui , « Le goût des autres » ! En effet, il s’agit dans le cas présent d’une production comme seuls les Américains savent le faire.

Pour ce nouvel opus « Vu du canap », sachez qu’une belle surprise vous attend dans les lignes qui vont suivre. En effet, ma petite femme, qui partage au quotidien ma passion pour le cinéma, a décidé de plonger avec moi dans le monde de la blogosphère pour écrire sur ce blog. Répondant au nom de Mrs Vertigo cette première note n’est sans aucun doute pas la dernière. Alors je vous laisse entre les mains de cette nouvelle blogueuse et je vous dis à très bientôt pour une prochaine note.

Mr Vertigo

***

Le goût de la vie - photo01Avec « Le goût de la vie », je vous invite à pénétrer, à l’heure du coup de feu, dans les cuisines du 22 Bleeker, restaurant branché de Manhattan. Les marmites bouillonnent, les commandes fusent, les assiettes s’entrechoquent sous l’œil expert de Kate (Catherine Zeta-Jones) qui règne d’une main de fer sur les cuisines.

Le goût de la vie - Abigail Breslin - photo02Si l’art culinaire n’a pas de secret pour elle, il manque à cette new-yorkaise rigide et un brin névrosée quelques recettes pour s’épanouir dans le reste de sa vie. Aussi, lorsqu’elle se voit confier la garde de sa nièce Zoé, 9 ans (l’épatante Abigail Breslin alias « Little Miss Sunshine ») et qu’au surplus, elle doit partager sa cuisine avec un nouveau sous-chef (Aaron Eckhart) quelque peu exubérant, l’équilibre de sa vie s’écroule.

Le goût de la vie -photo03Mais, c’est sans compter sur le charme dévastateur de ce nouveau compagnon de cuisine et l’espièglerie de la fillette. Les personnages vont donc apprendre à s’apprivoiser sur fond de passion commune pour la cuisine, laquelle est d’ailleurs très communicative. Le film terminé on se mettrait bien aux fourneaux …

Ce film nous offre un savoureux mélange de sentiments, de saveurs et de couleurs. Et la sauce prend plutôt bien !

Le goût de la vie -photo04Voici donc une petite comédie sans prétention, mais qui remplit, sans peine, ses objectifs. Je vous suggère de la savourer, par exemple, à l’heure de l’apéro. Et après la séance, qui sait, vous vous laisserez sans doute tenter par un morceau de tiramisu au coin du feu !?

Mrs Vertigo

***

oct 26

Et si ce week-end, confortablement installé dans votre canapé, vous vous amusiez à vous faire peur ! C’est ce que nous propose Warner Bros. Home Video avec la sortie en DVD / HD-DVD / Blu-ray (vive la multiplication des formats !) du film « Les Châtiments ».

Les ChâtimentsSans l’ombre d’un point commun avec le recueil de poèmes satiriques de Victor Hugo, ce film se veut respecter à la lettre l’ensemble des codes du film d’horreur fantastique version « série B ». Ainsi, inutile de trouver des explications insensées sur ce que vous allez voir, laissez vous plutôt porter par cet enchainement de scènes toutes très spectaculaires qui vous feront bondir une bonne petite douzaine de fois. Car même si l’héroïne, incarnée par la merveilleuse Hilary Swank, se présente comme un professeur d’université incrédule face à des faits soit disant surnaturels, le récit s’engouffre inéluctablement dans la brèche de l’irréalisme le plus total… Un vrai bonheur qui, entre deux scènes « très tendues », ne manquera pas de vous arracher quelques sourires face à des personnages qui ont l’air d’y croire « à fond » !

On est certes loin des classiques du genre avec des effets qui se veulent tous plus réalistes les uns que les autres. De ce côté-là le pari est largement gagné. Les effets spéciaux de Cecil B. DeMille permettant de mettre en scène les dix plaies d’Egypte sont, cette fois, définitivement « has been ». En effet, si l’action ne se déroule pas à l’époque biblique de Ramsès II mais bien dans une petite ville non loin de Baton-Rouge, au fin fond des Etats-Unis, vous aurez toute fois l’occasion de réviser cet épisode de l’Exode. Ainsi vous n’aurez plus d’excuses au moment de Pessah, lorsqu’on vous demandera de citer dans l’ordre les dix fameux fléaux ! Pour le reste de l’histoire et le lien entre les eaux du Nil et celles du Mississipi, je vous laisse le soin de découvrir tout cela bien cramponné à votre canapé ! Ceci, dit, sachez tout de même, pour l’anecdote, que le tournage fut interrompu par l’ouragan Katrina. Coïncidence étonnante relatée dans une série de bonus qui enfonce un peu plus les initiateurs de ce projet dans le ridicule absolu.

Vous l’aurez compris, « Les Châtiments » ne réinvente pas le film de « série B » mais le sublime tout simplement. A l’époque ou certains cinéastes comme les incontournables Tarantino et Rodriguez, tournent en dérision ce genre cinématographique dans des exercices de style géniaux, d’autres s’efforcent encore, pour notre plus grand plaisir, à se prendre terriblement au sérieux. Du coup, si au générique de fin vous vous sentez un peu frustrés, dites vous que c’était finalement une bonne façon de tester votre matériel Home Cinéma tout neuf car, aux vus de la fin, je ne suis pas certain que vous aurez droit à une suite…

Mr Vertigo


oct 25

Comme vous pouvez le remarquer, je suis en pleine restructuration de mes espaces d’expression. On démonte d’un côté, on remonte de l’autre, on essaye d’embellir les lieux… Tout ça pour que vous comme moi, nous nous sentions plus à l’aise, pour qu’on est envi de revenir plus régulièrement pour échanger sur notre passion commune, cinéma.

Ainsi, sachez que « Vu du canap », mon autre blog, revient ici-même pour s’intégrer définitivement dans l’univers du « Petit Cinéphile » avec une surprise à la fin de cette note !

L’idée de vous parler de sorties DVD en association avec Warner Bros. Home Video reste pour moi une autre façon d’aborder avec vous le cinéma. Non loin des salles indépendantes parisiennes que j’aime fréquenter pour leurs programmations exigeantes, cette Major de légende nous invite à nous caler dans notre canapé pour du pur divertissement.
Le spectacle proposé n’est certes pas forcement en équation avec l’exigence artistique des films d’auteur. Qu’importe ! J’ai pris le parie d’accepter de recevoir les DVD que Warner m’adresse, de les visionner avec gourmandise pour vous en faire part avec le maximum de franchise. Certains de ces films resteront gravés dans vos mémoires comme dans celle de l’Histoire du cinéma et d’autre auront eu pour simple ambition de vous distraire un moment afin de mieux les oublier après.

Après « Blood Diamond » reçu cet été, je m’apprête à redémarrer « Vu du Canap » sur une note visuelle très spectaculaire avec un film de genre dans la plus pure tradition Hollywoodien.

Mais avant de vous en dire plus, histoire de vous remercier de votre passage sur ces pages, Warner m’a proposé de vous faire gagner un exemplaire du DVD que j’ai visionné hier soir et dont mon article est en préparation.

Le jeu est très simple : Le premier qui, dans les commentaires, me donne le titre exact du film que je m’apprête à critiquer, a gagné.

Si demain personne ne m’a encore donné la bonne réponse, je publierai une nouvelle note avec un nouvel indice.

1er indice : La sortie DVD du film à eu lieu hier, 24 octobre 2007.

A vous de jouer !
Mr Vertigo

août 03
L’exemplaire du DVD que j’ai reçu n’a d’intérêt que par le film qu’il contient. En effet, cette édition simple de « Blood Diamond » n’offre, pour ainsi dire, aucun bonus. Seul la bande annonce du film et le commentaire en anglais et sans sous-titre français figurent à ce chapitre ! Mais, oublions cet aspect des choses, parfois très pertinent dans une édition DVD, pour jeter un regard sur le film proprement dit.

Sortie en salle le 31 janvier dernier, j’avais encore fraîchement à l’esprit ce film que j’ai découvert en salle. Habituellement, j’éprouve peu de plaisir à revoir un film si vite. Mais comme l’occasion se présentait à moi dans ces conditions, j’ai plongé !

« Vu du canap’ », le film garde sa force. De plus, cette nouvelle « séance à domicile » m’a fait prendre un peu plus conscience de la gravité du propos qui se distille intelligemment dans ce divertissement à grand spectacle fort bien mené.

Il faut dire que « Blood Diamond » ne vous laisse aucun répit en démarrant sur les chapeaux de roue avec une scène d’ouverture qui impose en quelques minutes le rythme de ce film haletant. Pas étonnant avec un cinéaste d’expérience tel qu’Edward Zwick. Suite à ses deux plus importantes productions que sont « Glory » en 1990 et plus récemment « Le Dernier samouraï », « Blood Diamond » s’inscrit parfaitement dans le registre du divertissement qui nous plonge dans des univers violents tant au niveau du propos que des situations qu’ils proposent.

Au centre de l’histoire, les « blood diamonds » que l’on pourrait traduire par « diamants de conflits » ou plus simplement par « diamants de sang ». Ils posent à eux seuls tous le problème relationnel de l’Afrique noire face au monde occidental : L’argent c’est le nerf de la guerre et des guerres sur le continent africain, ce n’est pas ce qui manque. Véritable monnaie d’échange pour arrachées du sol au prix de vies humaines détruites ou mutilées.

En 1991 débute la guerre civile en Serra Leone avec l’entrée en scène du RUF (Revolutionary United Front) qui, sous le commandement Foday Sankoh, attaque deux villages dans l’objectif de contrôler des zones diamantifères.

A la fin de l’année 1998, période à laquelle débute l’histoire du film, la Sierra leone, est toujours en pleine guerre civile. Le RUF est aux portes de Freetwon, prés à renverser le pouvoir en place et les diamants servent à armer les miliciens qui n’ont aucun scrupule à mettre des enfants en première ligne. Ces enfants soldats, entraînés pour tuer, sont d’ailleurs présentés comme l’ « arme ultime » lors des nombreuses scènes de massacres saisissantes.

Cette base de faits réels replacée dans son contexte historique donne ainsi à ce long métrage toute sa force. Les scènes d’actions appuyées par une réalisation musclée, des effets sonores qui imposent un son 5.1 d’excellente facture nous plonge dans ce conflit atroce avec un réalisme étonnant.

Pour compléter cette sensation spectaculaire d’immersion dans un conflit pourtant loin de notre quotidien, il fallait également nous faire vibrer via des personnages forts, attachants et facilement identifiables. Là encore, pari réussit. Par le biais de Danny Archer interprété par Leonardo DiCaprio, Solomon Vandy interprété par Djimon Hounsou et Maddy Bowen interprété par Jennifer Connelly, ont ne peut être qu’entraîné dans cette histoire qui mêle parfaitement l’histoire de destins individuels au caractère universel du propos.

On notera notamment l’interprétation de Leonardo DiCaprio, un acteur qui, de film en film, ne cesse de prendre de l’épaisseur. Depuis Titanic qui le propulsa directement au firmament des légendes du cinéma, ce « James Dean » contemporain aura eu la chance de passer entre les mains de Steven Spielberg, Martin Scorsese, Woody Allen ou encore Dany Boyle. Un parcours durant lequel, au delà de son statut de « Star », il aura pu devenir un véritable Grand Acteur au sens noble du terme.

Soulignons également le remarquable Djimon Hounsou. Acteur français originaire du Bénin, il débuta comme mannequin en représentant entre autres la marque Thierry Mugler. Cette notoriété le mènera ainsi à Hollywood et notamment sur les plateaux de Steven Spielberg pour Amistad qui lui valut une nomination au Golden Globe. Aujourd’hui, cet interprète de talent sait, dans le registre souvent ingrat de l’autochtone, tirer son épingle du jeu et marquer ainsi les esprits du public.

Auréolée de son oscar de meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans « Un homme d’exception », la très séduisante Jennifer Connelly, dans ce rôle de photo-reporter tout-terrain, vient parfaitement compléter ce trio de choc qui nous entraîne parfois au bout de l’enfer sur terre.

Vous l’aurez compris, « Blood Diamond » a toutes les qualités d’un film que l’on a plaisir à voir et à revoir que ce soit pour son côté spectaculaire, son propos toujours très actuel ou ses personnages véritablement attachants servis par des interprétations remarquables. Ce DVD mérite ainsi d’avoir sa place chez vous, même dans sa version simple, sans bonus !

Mr Vertigo

déc 18
En cette fin d’année 2006, la Warner Bros nous invite à anticiper sur notre futur avec un film venant du passé. Totalement remasterisée, cette réédition en DVD de « Blade Runner » nous plonge de nouveau dans une œuvre qui scelle la convergence des deux grands auteurs de science-fiction que sont Philips K. Dick et Ridley Scott. Pour cette nouvelle sortie, les équipes de chez Warner Bros ont certainement dû partir du principe que certaines œuvres se suffisent à elle-même. En effet, ne cherchez aucun bonus venant supporter cette œuvre incontournable du 7ème art. Seul le film dans sa version « Director’s cut » occupe l’espace d’une galette sobre dans un boîtier dépouillé. Par conséquent cette oeuvre continue à garder tous ses secrets dans un marché ou la surenchère des Bonus est de mise. Mais finalement, ces secrets de fabrication si bien gardés, ne font-il pas partie intégrante de la légende d’une œuvre ?

Ce film, sorti en salle en 1982, a déjà marqué la mémoire de plus d’un cinéphile. Quant à moi, il s’agit là de ma troisième véritable rencontre avec cet univers futuriste. Je l’ai tout d’abord découvert à la Cinémathèque de Nice durant mes études de cinéma. A cette époque, j’ai tout de suite pris conscience du génie créatif de Ridley Scott. Et puis, il y a huit de cela, je m’équipais d’un nouveau PC. Pour la première fois, un lecteur de DVD y était intégré. Impatient de tester ce nouveau support, mon premier achat en ligne sur Internet fut l’une des premières éditions DVD proposé, à savoir « Blade Runner » ! Déjà édité à l’époque dans sa version « Director’s cut », cette acquisition représentait pour moi une véritable redécouverte de l’œuvre.

Aujourd’hui, pour aborder de nouveau « Blade Runner » sous un angle différent, j’ai décidé au préalable de lire le livre de Philip K. Dick dont le titre original était « Do Androids Dream of Electric Sheep ? » (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?).

Le roman de Philip K. Dick se déroule pour sa part en 1992, une date que nous avons déjà dépassé depuis quelques années. Ouf ! Le monde décrit est dévasté par la guerre nucléaire. Dans un San Francisco apocalyptique, le Blade Runner Rick Deckard, va se voir confier une mission de la plus haute importance : neutraliser des androïdes extrêmement évolués et dangereux qui ont réussit à se fondre parmi la population humaine en prenant la fuite.

Sur cette même base scénaristique, Ridley Scott fait sa propre anticipation. En ce qui le concerne, il croit savoir que l’apocalypse nucléaire n’est prévue qu’aux alentours des années 2020. Pas de chance ! Nous sommes toujours en Californie mais cette fois dans la ville voisine de Los Angeles.

Même contexte, même effet : la planète bleue est plongée dans le noir complet. Cette nuit permanente laisse ainsi place à tout un univers imaginaire. Ainsi, des fragments du monde passé cohabitent avec un environnement encore futuriste pour nous les humains des années 2000. De ce fait, ce qui est suggéré dans le roman est montré dans le film avec une réalité époustouflante. De ce point vu, le travail de Ridley Scott est une réelle réussite. La ville de Los Angeles et sa société de consommation sont transposées dans un univers visuel bluffant. L’ouverture du film sur la musique de Vangelis, avec cette vue aérienne de la mégapole, vous scotche dès les premières secondes pour vous installer dans un univers où l’humanité toute entière est à la dérive.

C’est dans ce monde décadent pour l’homme, que la machine androïde rentre alors en scène. Le marché de la fabrication de « l’homme robot » est dominé par la société « Tyrell Corporation » qui depuis des années produit les Nexus. La sixième version de cette machine révolutionnaire est, de loin, la plus abouti en se rapprochant grandement de l’être humain.

Sur cette trame fictionnel, à l’instar de Philip K. Dick, le cinéaste enrichit alors son univers visuel par cette question existentielle : Et si un jour, un modèle de robot doté de chair et de sang venait à être pourvu de souvenirs, de sentiments et d’empathie pour ses semblables et les autres êtres vivants, serait-ce la fin de l’humanité ?

Entre le roman et le film, l’histoire varie. Les animaux domestiques qui jouent pourtant un rôle central dans le roman ont disparu du film. Pour Philips K. Dick, posséder et prendre soin d’un animal est la preuve de son rattachement à la race humaine. Dans le film, le plan de la chouette artificielle de la Tyrell Corporation et de petits androïdes étranges font références à cet aspect des choses. Une façon subtile pour Ridley Scott de prendre le large face à l’œuvre originale. Mais cette liberté n’enlève rien au fait que les deux auteurs expriment une même angoisse vis-à-vis de l’émergence d’une intelligence artificielle dépassant celle de l’homme.

Cette vision noire de notre avenir fait encore office de référence absolue tant en littérature qu’a l’écran. Le cinéma de science fiction possède, bien entendu, d’autres références en matière de vision de l’humanité face à son avenir. Mais jamais un univers futuriste, au centre duquel l’homme joue son avenir, n’aura été si bien maîtrisé. Notons, dans un tout autre style, « 2001 : L’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick qui lui aussi s’interroge à sa manière sur les futures relations de l’homme avec la machine.

Ainsi, lorsque vous aurez (re)découvert « Blade Runner », « Le cinquième élément » de Luc Besson fera figure de pâle copie dans un univers tout aussi vertical. Depuis, seul Steven Spielberg avec « Minority Report », aura réussi à transcender de nouveau l’univers de Philip K. Dick. Je serais alors tenté de croire que seul de grands cinéastes sont en mesure d’adapter l’esprit torturé de ce maître de la science fiction.

Face à cette œuvre d’une qualité rare, foncez à vos platines ! « Vu du Canap’ » le futur va vous paraître subliment noir, terriblement pessimiste, presque réel. Vous serez alors heureux de voir le soleil se lever… Sensation garantie.

Mr Vertigo

déc 01
Quel point commun entre Mervyn LeRoy, Vincente Minnelli, Sam Wood, Ernst Lubitsch, William A. Seiter et Michael Curtiz hormis le fait qu’ils aient tous travaillé à Hollywood et ainsi contribué à l’Histoire du cinéma ? Et bien sachez que dix de leurs films viennent de rejoindre la prestigieuse collection de DVD « Légendes du Cinéma » édité par Warner Bros. Studio.

Une collection qui regroupe à l’heure d’aujourd’hui ni plus ni moins que 135 titres ! Si vous possédez certains des titres déjà édités, c’est donc l’occasion de compléter votre collection. Pour les autres, ceux qui découvrent cette mine d’or, voilà un bon point de départ pour vous laisser guider dans le choix inépuisable de grands classiques que compte le 7ème Art.

« Les prisonniers du passé », « Je suis un évadé », « La mauvaise graine », « Les quatre filles du Dr March », « Celui par qui le scandale arrive », « Comme un torrent », « Un homme change son destin », « Rendez-vous », « Roberta », « La glorieuse parade ». Autant de classiques que je vous invite ainsi à (re)découvrir avec gourmandise et ainsi placer l’année 2007 sous le signe de la cinéphilie.

De plus, un site Web déjà très complet vous guidera dans vos choix avec une fiche pour chaque film qui vous permettra de visualiser le jaquette mais aussi de prendre connaissance du synopsis, du contenu des bonus, et de bien d’autres informations. Parfois même une galerie photo et/ou une vidéo de la bande annonce vienne compléter le tout : une véritable encyclopédie numérique en cours d’élaboration pour la plus grande joie des cinéphiles.

Ainsi, ne boudez plus votre plaisir et foncez à la rencontre des « Légendes du cinéma » pour de belles soirées en perspective, « Vu du Canap’ » bien entendu !

Mr Vertigo

nov 15
Assis sur le tapis du salon face à la platine, c’est avec une grande excitation que j’attrape ma dernière acquisition : une édition double DVD de « Romanzo Criminale ». Impatient de découvrir ce film que j’ai malheureusement raté lors de sa sortie, faute de temps. La Warner m’offre ainsi une belle séance de rattrapage.

Il faut dire que ce film, présenté au dernier Festival international du film de Berlin, semble, d’ores et déjà, avoir sa place dans l’Histoire du cinéma Italien tant par le sujet qu’il aborde que par son traitement très subjectif.

Voilà, je déchire le papier cellophane que j’aime froisser et je découvre un boîtier cartonné très soigné agréable à la vue et au touché. Tout le plaisir de manipuler ce type d’édition bien travaillée y est. Je déplie la jaquette en trois volet et j’attrape le premier des deux DVD présentés pour le loger dans mon lecteur. C’est parti…

Deux versions en son 5.1 me sont proposées, l’une en version originale sous-titrée, l’autre en version française. Je vous laisse deviner laquelle je sélectionne pendant que je me cale confortablement dans mon canap’.

Même si « Romanzo Criminale » est un film dans lequel on peut avoir un peu de mal à rentrer, on s’installe petit à petit dans cette histoire qui prend le temps d’asseoir les personnages et le contexte historique dans lequel il évolue. Passé le premier quart d’heure, plongé dans l’univers de l’auteur, le film ne vous lâchera plus. Ainsi, je me laisse porter par un style personnel finalement bien plus proche du cinéma italien que du cinéma Hollywoodien.

Mais afin de mieux appréhender, cette fresque de près de 2h20, qui s’annonce comme une grande épopée à « la manière de Leone », il est bon de posséder quelques clés. Sans vous révéler l’intrigue, elles vous permettront d’apprécier à sa juste valeur ce beau moment de cinéma. Le public français dont nous faisons partie, n’a pas nécessairement été marqué par toute cette série d’évènements tragiques qui secoua l’Italie des années 70 et 80. L’histoire qui nous est contée, mêlant faits réels et fiction, ne peut prendre tout son sens à nos yeux sans se pencher, un tant soit peu, sur l’histoire de ce pays dont nous partageons une frontière commune.

Le film, adapté du roman de Giancarlo de Cataldo, se déroule durant « les années de plomb » et s’appuie sur la terrible histoire des « Brigades Rouges ». Cette organisation terroriste fondée au tout début des années 1970 marquera l’Histoire par deux évènements aussi spectaculaires que tragiques : L’enlèvement et assassinat d’Aldo Moro, président du parti de la Démocratie chrétienne qui s’apprêtait à prendre les fonctions de Premier ministre et de l’attentat de la gare de Bologne le 2 août 1980.

Dans ce contexte explosif, quatres personnages, qui dès le début du récit, alors qu’il ne sont que des gosses, prennent leur destin en main en se donnant de nouveau noms : « Il Freddo » (Le Froid), « Il Libanese » (Le Libanais), « Dandi » et « Il Nero » (Le Noir). Interprétés respectivement par Kim Rossi Stuart, Pierfrancesco Favino, Claudio Santamaria et Riccardo Scamarcio, ce quatuor va donc traverser ces « années de plomb » de l’intérieur.

Sur leur parcours, ils croiseront notamment Patrizia remarquablement interprétée par Anna Mouglalis, le commissaire Scialoja incarné par Stefano Accorsi ou encore la très fraîche Jasmine Trinca qui joue le rôle de Roberta. Tous impeccables dans leur rôle, il y aurait beaucoup à dire sur cette distribution. Je me contenterais ici de signaler l’actualité de Kim Rossi Stuart. En effet, ses talents ne s’arrêtent pas au jeu d’acteur puisque sur les écrans vient de sortir « Libero », son premier film en tant que réalisateur. Michele Placido y serait pour quelque chose ?

Pour nous plonger dans l’atmosphère de cette « organisation criminelle », le réalisateur Michele Placido n’hésite pas à filmer son histoire avec toute la froideur qu’elle impose, froideur du métal des armes, froideur de l’attitude des personnages face à la mort, froideur de la mort. Pour appuyer son effet, il utilise l’aspect l’image : une image aux couleurs ternes qu’elle soit filmée de jour comme de nuit, une image qui glace et nous met en permanence mal à l’aise. Au-delà de la photographie, c’est toute la mise en scène qui, en prenant le contre-pied du traitement hollywoodien, évite les effets trop « léchés » pour privilégier des scènes plus « âpres » proche d’un quotidien réel, celui de ce milieu et n’hésite pas à créer des ruptures de rythme violent appuyé par des morceaux musicaux décalés par rapport l’action.

De musique, il en est effectivement question et elle joue donc, à plus d’un titre, un rôle important dans la construction du récit au même titre que les décors, la lumière ou le jeu des acteurs. Rien n’a visiblement été laissé au hasard dans le choix des morceaux qui, au-delà des ruptures de rythme reste en équation avec la période à laquelle se déroule l’action. A titre d’exemple on retiendra le morceau très balancé « (Shake, Shake, Shake) Shake Your Booty » sortie en 1976.

Pour que ce film fonctionne, surtout auprès d’un public Italien qui connaît son sujet, il fallait absolument éviter toute forme d’anachronisme. En outre, même si aucun bonus ne l’affirme, il est fort possible que Michele Placido ait vu « Les Affranchis » de Martin Scorsese et s’en soit servi comme l’une de ses références pour la réalisation de « Romanzo Criminale ». En effet, cette référence cinématographique est frappante à plus d’un titre. Basés tous deux sur des faits réels qui se sont déroulés à la même période, ces deux films traitent d’un seul et même sujet : « L’ascension et la chute de personnages devenus criminels par rapport à un milieu ». Ainsi, à l’instar du maître américain, Michele Placido exprime le temps qui passe en faisant fonctionner son film de la même manière, via une mise en scène qui évolue avec l’époque à laquelle chaque scène se situe. Mais ce qui finalement ancre ce film dans le cinéma italien traditionnel ce sont ses attaches que le réalisateur revendique ouvertement à l’image du clin d’œil fait à Pasolini.

Il faut rappeler que Michele Placido n’est pas un débutant. Ce personnage charismatique qui aborde aujourd’hui la soixantaine en pleine forme fut d’abord officier de police avant de devenir acteur puis réalisateur ; ce qui donne à son film beaucoup de maturité. De plus, son expérience de comédien transpire dans chacun des personnages. De son approche de la direction d’acteur, se dégage ainsi une grande générosité qui s’exprime dans la justesse du jeu de chacun. À ce titre, on l’a récemment vu dans le dernier film de Nanni Moretti, « Le Caïman ».

Côté bonus, cette édition dvd vous offre une heure d’ « after ». Au-delà d’un Making-off très bien ficelé qui reprend le thème musical du film en bande son et des commentaires doublés en français, on trouve deux sujets qui répondent aux titres de « Romanzo Criminale, un Roman Italien » et « Enquête sur un tournage ». La force de ces sujets consiste à faire parler quelques-uns des membres de l’équipe et de la distribution en français. Le résultat est étonnant et cette touche d’authenticité est peut-être l’une des plus belle façon de mieux comprendre ce film.

Enfin, pour être complet, l’internaute que je suis n’aura évidemment pas raté le site Web lié à la sortie dvd. Après avoir visionné, une bande-annonce musicalement bien balancée et pleine de surprises a porté de clics, vous ne résisterez pas à répondre à cette question existentielle : « Et toi, t’est un Caïd ? ». Amusez-vous à vous inventer une nouvelle identité et entourez-vous de vos complices préférés. Vous aurez alors droit de figurer en très bonne place dans l’édition du 11 mai 1978 de « La Gazzetta Italiana ». Une édition très spéciale que vous pourrez imprimer pour la conserver au coffre par exemple…

Ainsi, même si vous avez déjà visionné « Romanzo Criminale » dans les salles obscures, ces bonus vous donneront certainement l’envie de vous replonger, depuis votre Canap’, dans ce grand film!

Mr Vertigo

nov 07
En inaugurant ce blog à l’approche des fêtes de fin d’année, il y avait fort à parier que le premier DVD que les studios Warner Bros. m’inviteraient à chroniquer soit un cadeau idéal pour nos chères têtes blondes. Bingo !

Alors, que diriez-vous d’un bon bol d’oxygène au cœur d’étendues sauvages superbement filmées ? C’est ce que je vous propose avec un film qui, bien que faisant partie de la sélection « Warner kids », éblouira aussi bien les yeux des petits que des grands en mal d’horizons lointains.

Avec « Duma », qui au passage signifie en Swahili « Guépard », le dépaysement est garanti. Dès les premières images, confortablement calé dans votre canapé, vous êtes littéralement transporté au cœur d’une réserve africaine dans laquelle Xan, un garçon de 12 ans, vous attend pour faire la rencontre de son nouvel ami. La scène a lieu la nuit, au détour d’un virage dans lequel son père manque d’écraser un bébé Guépard. D’ailleurs, savez-vous comment distinguer un bébé guépard d’un autre félin ? Je laisse à Xan le soin de vous l’expliquer. En effet, mon rôle ici n’est pas de vous révéler les petits secrets de la faune africaine mais plutôt de vous donner envie de partager ce très beau divertissement parfois naïf mais très rafraîchissant.

De plus, si vous avez investi dans un superbe écran plat, vous ne pourrez être que bluffé par la superbe photographie signée Werner Maritz qui, pour son premier poste de Directeur de la photographie, vous entraîne dans des scènes de jours comme de nuits parfaitement maîtrisées. Il faut préciser qu’a la réalisation, Carroll Ballard n’en est pas à son coup d’essai. Après nous avoir livré « L’Étalon noir» en 1979 et « L’Envolée sauvage » en 1996, ce réalisateur de 79 ans à l’éternel coeur d’enfant réussit une fois de plus à très bien s’entourer pour nous porposer une production de qualité.

Pour avoir eu l’occasion de traverser des réserves Tanzaniennes et Kenyanes, ce film aura ainsi su me faire revivre cette sensation de liberté sauvage que des animaux comme le guépard avaient pu me donner en les croisant réellement.

Alors, seul ou en famille, accompagné de l’innocence des enfants ou entre adultes, cette aventure vous fera passer un beau moment loin de vos préoccupations quotidiennes. C’est bien le minimum que l’on peut demander à un divertissement de ce type et le contrat est bien rempli ! Enfoncez-vous donc dans votre canap’ et laissez-vous porter…

Mr Vertigo